Jamais Assez. Ce que la Performance Nous Coûte.
On nous demande tous d'être performants. Le sportif, le manager, le dirigeant, l'étudiant. Et même, désormais, de mesurer notre sommeil, nos pas, notre récupération, comme si la vie entière était devenue une épreuve à optimiser.
Mais on parle rarement du prix.
Derrière la performance, il y a souvent une voix qui juge, une comparaison qui épuise, une identité qui finit par ne plus tenir qu'à un seul résultat. Les chiffres sur la santé mentale des athlètes de haut niveau et des chefs d'entreprise disent quelque chose que le monde de la réussite préfère taire.
Et pourtant, la performance n'est pas l'ennemie.
Il existe une autre manière de se dépasser, où l'exploit ne se paie pas en souffrance. Où l'on peut viser haut sans se perdre. Cela paraît presque contradictoire, et c'est précisément ce qui m'intéresse.
Dans mon nouvel essai, j'explore ce que la performance nous coûte vraiment, et ce qu'il faudrait pour qu'elle redevienne une source de joie plutôt qu'un piège.
À lire ici ci-dessous.
Sommes-nous vraiment maudits?
Sommes-nous vraiment maudits?
Pendant des siècles, l'humanité a raconté ses blessures psychiques les plus profondes sous la forme de malédictions. Une fée qu'on n'a pas conviée. Un père qui cède sa fille sans mesurer ce qu'il perd. Une famille qui décrète, sans jamais le dire ouvertement, qu'un enfant ne vaudra rien.
Ce qui est troublant, ce n'est pas que ces récits existent. C'est qu'ils continuent d'apparaître, presque intacts, en psychothérapie, longtemps après que plus personne ne croit à la magie censée les rendre nécessaires.
Par exemple, certains patients savent très bien où est leur place. D'autres sont convaincus, qu'ils ne seront jamais heureux en amour. Ce n'est pas une pensée qu'ils ont eue. C'est une parole qu'ils ont reçue, il y a longtemps, sans même s'en souvenir.
J'ai voulu comprendre pourquoi ce vocabulaire ancien persiste là où la psychologie moderne propose pourtant d'autres mots, schéma, biais, croyance limitante. Et pourquoi certaines convictions, une fois nommées, continuent malgré tout d'agir.
Un article sur ce que la clinique, les contes et la recherche ont, chacun à leur manière, à dire sur les malédictions que nous portons sans le savoir, et sur ce qu'il devient possible de penser une fois qu'on cesse de les prendre pour une frontière du réel.
La projection, cet angle mort des relations (et du leadership)
Est-ce que vous savez vraiment ce que veut dire « projeter »?
Le mot est partout. On l'utilise pour tout expliquer, une colère disproportionnée, un amour trop vite arrivé, une fascination pour un inconnu. « C'est de la projection », dit-on, comme si la formule suffisait à clore le sujet.
Mais qu'est-ce qu'on projette, exactement? Un défaut qu'on refuse de voir en soi ou une qualité qu'on n'a pas encore appris à habiter? Pourquoi le psychisme procède-t-il ainsi?
Et surtout: que reste-t-il de la réalité de l'autre, une fois qu'on a fait la part de ce qu'on y a soi-même déposé?
J'ai voulu reprendre ce mot devenu un label fourre-tout, le sortir de la psychanalyse pour le regarder aussi du côté de la philosophie et de la science, et voir ce qui, dans cette théorie très populaire, tient vraiment.
À lire çi-dessous.
Quelqu'un nous veut du bien
Quelqu'un, en nous, nous veut du bien.
Une part de nous capable de nous accueillir avec la bienveillance, la patience et, quand il le faut, la fermeté que nous offririons à quelqu'un que nous aimons. Ni complaisance, ni discipline. Une présence qui ne conditionne pas sa fidélité à notre réussite ni au regard des autres.
Les Grecs pensaient déjà qu'une telle présence nous accompagnait de la naissance à la mort, sans jamais commander, seulement en protégeant. Jung, dans une lettre restée peu connue, cherchait des mots pour la même chose. La Bhagavad-Gîtâ le disait il y a plus de deux mille ans, en une seule phrase.
C'est souvent la première chose à s'éteindre lorsqu'on va mal. Et comme toute amitié véritable, ça ne va jamais de soi. Ça se construit. Ça se perd, parfois. Ça se répare.
Nouvel article cette semaine.
Enquête sur l'ennemi qui vit en nous
On sait. Et on le fait quand même.
On roule sans ceinture en sachant très bien quel risque on prend. On dit oui à tout au travail, jusqu'à rentrer chaque soir vidé, sans avoir jamais élevé la voix contre ce qui nous épuise. On continue de fumer, de boire, de remettre à plus tard ce qu'on sait urgent, de retourner vers ce qui nous fait du mal.
Rien de spectaculaire là-dedans. Personne ne se jette d'un pont. Et pourtant, quelque chose en nous semble travailler contre nos propres intérêts.
Je me suis lancée dans une véritable enquête pour comprendre ce mécanisme. En psychologie, en philosophie, en sociologie, et même du côté du comportement animal, est-ce que les animaux se sabotent, eux aussi? La réponse m'a surprise.
Ce que j'y ai trouvé, ce n'est pas une explication, mais plusieurs, parfois contradictoires entre elles. Et c'est sans doute là que se trouve la vraie réponse.
À lire ci-dessous.
La compagnie intérieure. Pourquoi la solitude ne dépend-elle pas seulement des autres?
Est-ce que la peur de la solitude nous gouverne ?
Elle nous maintient dans un poste qui nous épuise. Elle nous pousse à prolonger un lien qui ne nous nourrit plus. Elle nous fait remplir un agenda à ras bord sans jamais apaiser ce qu'on redoutait vraiment.
Dans ce texte, j'explore ce que sont réellement ces solitudes qu'on confond trop souvent: l'isolement qu'on subit, la solitude qu'on choisit, la capacité à rester en sa propre compagnie. Et ce qu'on peut, patiemment, en faire pour que ce ne soit plus la peur qui gouverne, mais autre chose, une présence intérieure sur laquelle on peut enfin compter.
À lire ci-dessous.
Ce que la dignité au travail veut dire et pourquoi elle nous manque
« Je ne peux pas me plaindre. Je suis bien payé, mon manager est correct, objectivement tout va bien. Mais je me sens... interchangeable. »
J'entends cette phrase régulièrement en consultation. Presque toujours prononcée avec une gêne particulière, sur le ton de l'excuse.
Certains cherchent le mot plus longtemps « comme un pion », « comme une ligne de coût », « comme si je pouvais être remplacé demain et que rien ne changerait ».
Ce qu'ils décrivent, sans le nommer, c'est une atteinte à leur dignité. Et le fait même qu'ils s'excusent de la ressentir dit quelque chose de notre difficulté collective à penser cette notion au travail.
Car la dignité a une propriété étrange : elle est invisible tant qu'elle est respectée. Elle ne devient saillante qu'au moment où elle est blessée — et elle se signale alors par des émotions précises. L'humiliation. La colère. Cette sidération particulière qui suit le moment où l'on comprend qu'on vient d'être traité en objet.
En entreprise, on demande volontiers de « ne pas le prendre personnellement ». C'est un contresens : ces émotions sont des détecteurs. Les faire taire, c'est débrancher l'alarme sans éteindre l'incendie.
Dans ce nouvel article, je propose de prendre ces signaux au sérieux — et d'explorer ce que serait un travail qui traite les personnes en personnes.
À lire çi-dessous
Apprendre à trembler
Enfant, la peur avait la forme d'un drap blanc.
Adulte, elle a appris à se déguiser autrement : en procrastination, en colère qui monte trop vite, en cette gentillesse qui n'ose jamais dire non, en ce silence où l'on ne sent plus rien.
On passe une bonne partie de sa vie à vouloir s'en débarrasser. Et si c'était le mauvais combat ?
La peur n'est pas notre ennemie. C'est une sentinelle, elle nous garde en vie, et une messagère: elle dit ce à quoi nous tenons, elle montre l'endroit où quelque chose, en nous, demande à grandir.
Il ne s'agit pas de la chercher. Ni de lui claquer la porte au nez. Seulement, quand elle frappe, de lui demander: qu'es-tu venue me dire ?
Mon nouvel article, Apprendre à trembler, sur ce que la peur vient nous dire, et pourquoi celui qui ne tremble jamais n'est pas le plus fort d'entre nous.
À lire ci-dessous.
Choisir
« Je n'ai pas le choix. »
Combien de fois avez-vous dit, ou pensé cette phrase ?
Ce que j'observe en consultation, c'est que cette phrase est rarement vraie et presque toujours confortable.
Car ne pas choisir, c'est encore choisir. Mais c'est aussi, progressivement, devenir étranger à soi-même.
À force de ne pas se demander ce qu'on veut, on finit par ne plus le savoir. La tête s'engourdit. Le corps signale. Et un jour, quelque chose craque sans qu'on comprenne vraiment pourquoi.
Dans mon dernier article, j'explore ce que le choix fait et ce que son absence coûte. Psychologiquement. Corporellement. Relationnellement. Avec Sartre, Girard, Bowen et Beauvoir, et ce que la clinique m'a appris sur la façon de retrouver le chemin vers soi.
À lire ci-dessous.
L'amour sain, un art à réapprendre
« On ne souffre pas par amour.
On souffre parce qu'on a été mal aimé. »
— Boris Cyrulnik
Dès l'enfance, on hérite d'une définition de l'amour.
Un logiciel silencieux, forgé avant les mots, qui colore ensuite toutes nos relations, pas seulement amoureuses, mais amicales, familiales, professionnelles.
Le problème: beaucoup d'entre nous n'ont jamais eu de modèle de ce à quoi ressemble un amour sain.
Alors on reproduit ce qu'on connaît.
Même quand ça fait mal.
Mon dernier article explore ce que la philosophie, la psychologie et l'expérience clinique nous disent de l'amour sain et de la manière dont on peut l'apprendre.
Parce qu'il s'apprend.
Le mot « trauma » veut-il encore dire quelque chose?
Le mot « trauma » veut-il encore dire quelque chose?
Aujourd'hui, une remarque blessante, une rupture, un conflit, un burn-out, un accident de la route ou une agression peuvent tous être qualifiés de « trauma ».
Mais lorsque le même mot finit par désigner des réalités très différentes, que perdons-nous au passage?
En consultation, j'observe un paradoxe fascinant: certains patients ayant vécu des événements objectivement traumatiques refusent ce mot, tandis que d'autres l'utilisent pour décrire les difficultés ordinaires de la vie.
Et si le véritable enjeu n'était pas de savoir qui a « le droit » d'employer ce mot, mais de retrouver un langage suffisamment précis pour nommer nos expériences sans les minimiser... ni les exagérer ?
J'explore cette question dans mon nouvel article. À lire ci-dessous.
L'erreur que tout le monde fait avec ses erreurs
Nous avons tous des erreurs qui nous restent en travers.
Des choses dites ou non dites. Des décisions regrettées. Des moments où l'on a blessé quelqu'un, ou où l'on s'est trahi soi-même. Ces erreurs-là ne font pas de bruit, mais elles continuent à titiller, à embêter, à bloquer parfois pendant des années.
Petites souffrances sourdes ou grandes blessures qui résistent. Elles nous empêchent d'avancer, de décider, de vivre pleinement.
Ce que j'ai appris, en tant que thérapeute, c'est que les erreurs ne se corrigent pas seulement, elles se guérissent.
Pas en les effaçant. Pas en faisant comme si. Mais en comprenant ce qu'elles nous font, et en trouvant le chemin pour ne plus les laisser nous définir.
C'est ce dont parle cet article. À lire en cliquant ci-dessous.
"Je suis censé savoir gérer": le piège invisible de l'autonomie chez les dirigeants
« Je suis censé savoir gérer. »
C’est la phrase que j’entends le plus souvent dans mon cabinet de la part de dirigeants, de managers ou de profils à haute performance.
À première vue, rien ne semble alarmant. Ils continuent à produire, à décider, à piloter. Ils cochent toutes les cases du leader invulnérable.
Pourtant, derrière la façade, la réalité est tout autre: nuits hachées, dossiers sur-contrôlés, refus de déléguer et repli autarcique face aux difficultés.
Pourquoi les personnes les plus compétentes, les plus engagées et les plus consciencieuses sont-elles souvent celles qui ont le plus de mal à tendre la main ?
Parce qu'elles sont prises au piège d'une contradiction majeure: notre culture glorifie l'autonomie au point d'en faire un facteur d'isolement, alors que la complexité actuelle exige de l'interdépendance.
Demander de l’aide n’est pas un signe de faiblesse, mais une compétence relationnelle, émotionnelle et organisationnelle essentielle.
Dans les environnements professionnels, c’est souvent l’une des meilleures protections contre l’isolement décisionnel, le stress chronique et le burn-out. Mais pour y parvenir, il faut accepter de déconstruire le mythe de l'omnipotence et de traverser ce que j'appelle "l'inconfort utile".
Comment dépasser la peur du coût politique de la vulnérabilité? Comment réapprendre à déléguer sans sur-contrôler?
Je vous propose, dans mon dernier article, une analyse clinique et systémique approfondie de ce mécanisme invisible.
Comment transformer les croyances qui vous limitent
Pourquoi notre cerveau préfère-t-il parfois nous donner tort plutôt que de bousculer nos certitudes ?
Vous est-il déjà arrivé de renoncer à une opportunité parce que vous vous jugiez "insuffisamment qualifié", pour ensuite regarder un autre la saisir à votre place ?
Ou d'interpréter un revers professionnel comme la confirmation d'une vieille prophétie : « De toute façon, je savais que ça ne marcherait pas » ?
Nous pensons analyser la réalité de manière objective. En vérité, nous naviguons à travers le monde armés de filtres invisibles : nos croyances limitantes. Plus surprenant encore : notre esprit est souvent prêt à disqualifier les faits — comme un feedback dithyrambique d'un manager ou une main tendue — pour préserver sa cohérence interne. Nous préférons la sécurité d'une prison familière à l'inconfort de la nouveauté.
Pourtant, un duo étonnamment puissant et encore trop peu exploré permet de fissurer ces armures : l'alliance de la philosophie et de la psychologie clinique.
Du doute radical de Descartes aux schémas cognitifs d'Aaron Beck, en passant par le prisme d'Immanuel Kant ou l'approche existentielle d'Irvin Yalom, les grands penseurs nous ont laissé un mode d'emploi précis pour identifier nos doubles standards, ralentir nos pensées automatiques et rééduquer notre regard.
Parce que transformer ses croyances ne relève pas d'un optimisme naïf, mais d'une quête de justesse et de liberté.
Découvrez l'article complet ici pour apprendre à décoder vos propres filtres et explorer de nouvelles perspectives.
L’anxiété, ennemie ou alliée?
Et si votre anxiété n’était pas seulement un problème à calmer, mais un signal à comprendre?
Nous cherchons souvent à la faire taire vite : respirer, contrôler, prévoir, éviter, demander à être rassuré. Parfois cela aide. Mais souvent, sans nous en rendre compte, nous nourrissons exactement ce que nous voudrions apaiser.
Dans cet article, j’explore ce qui se passe vraiment quand l’anxiété prend toute la place: dans le corps, dans les pensées, dans nos comportements, mais aussi dans notre manière d’habiter la vie. Pourquoi l’anxiété nous pousse-t-elle à éviter? Pourquoi le contrôle donne-t-il une impression de sécurité tout en nous enfermant? Comment distinguer prudence réelle et soumission à la peur? Et que peut réellement apporter le travail thérapeutique?
Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un qui n’a plus jamais peur. Il s’agit d’apprendre à ne plus remettre le volant à l’anxiété. À revenir au corps, au souffle, à la présence. À retrouver assez de sécurité intérieure pour avancer, même sans certitude totale.
Un article pour comprendre, respirer autrement, et commencer à se réconcilier avec la vie.
Savoir dire NON : quand un bon non vaut mieux qu’un mauvais oui
Pourquoi est-ce parfois si difficile de dire non ?
Deux lettres seulement. Une phrase courte. Et pourtant, pour beaucoup d’entre nous, dire non peut réveiller une culpabilité immense, la peur de décevoir, d’être rejeté, de blesser, de perdre l’amour ou la reconnaissance de l’autre.
Alors on dit oui. On s’adapte. On encaisse. On appelle cela de la gentillesse, du professionnalisme, de la loyauté, de la maturité.
Mais parfois, ce n’est pas de la gentillesse. C’est de la peur.
Dans cet article, je vous propose de déplier ce qui se passe vraiment quand nous n’arrivons pas à poser une limite. Pourquoi certaines personnes se sentent presque obligées de répondre aux besoins des autres avant les leurs. Pourquoi le non peut réactiver des peurs très anciennes. Pourquoi l’enfant en nous peut encore croire qu’il faut être sage, utile, disponible ou facile à aimer pour rester en sécurité.
Parce qu’apprendre à dire non ne se résume pas à mémoriser trois phrases toutes faites.
Bien sûr, les mots comptent. Les formulations aident. Les techniques d’affirmation de soi peuvent soutenir. Mais si l’on ne comprend pas ce qui se joue à l’intérieur, la peur, les schémas, la culpabilité, le besoin d’être aimé, la difficulté à se sentir légitime, alors le non reste fragile.
Dire non, ce n’est pas devenir dur. Ce n’est pas rejeter l’autre. C’est parfois commencer à se dire oui à soi-même.
Oui à son corps. Oui à son rythme. Oui à sa paix. Oui à une manière d’être en relation qui n’exige plus de se perdre pour être aimé.
La Vérité des Mères
L’une des prises de conscience les plus difficiles — et peut-être les plus libératrices — consiste à reconnaître que nos mères ne sont ni des saintes, ni des sauveuses, ni des figures inépuisables de réparation. Elles sont des êtres humains.
Des femmes avec une histoire, des blessures, des limites, des contradictions, des outils parfois insuffisants, et une manière d’aimer façonnée par ce qu’elles avaient elles-mêmes reçu ou par ce qui leur avait manqué.
Certaines enfances ont été profondément abîmées. Certaines relations adultes restent complexes, douloureuses, parfois impossibles. Il ne s’agit pas d’idéaliser, ni d’effacer ce qui a blessé. Mais il y a parfois, dans le fait de reconnaître l’humanité de sa mère, une forme de libération intérieure.
Non pas pour excuser. Mais pour cesser d’attendre d’elle qu’elle soit enfin la mère parfaite qu’elle n’a jamais pu être.
Peut-être que grandir, c’est aussi cela, comprendre que nos mères ont toujours été humaines avant d’être nos mères.
Pourquoi les chatbots thérapeutiques ne peuvent pas offrir ce dont nous avons réellement besoin
Nous vivons dans un monde où il devient parfois plus facile de parler à une intelligence artificielle qu’à un autre être humain.
Adolescents confrontés à la violence, adultes épuisés par la pression, la solitude ou la surcharge mentale : des millions de personnes utilisent désormais des IA conversationnelles pour parler de leurs émotions, de leur anxiété ou de leur souffrance.
Mais que dit réellement ce phénomène dans notre société ?
Cet article explore une question plus profonde que celle de la technologie elle-même : que se passe-t-il lorsque le besoin fondamental d’être vu, entendu et compris devient progressivement inaccessible dans nos vies humaines?
Et surtout : une machine peut-elle vraiment remplacer ce que produit une présence humaine réelle dans la rencontre thérapeutique?
Après une maladie mentale, peut-on véritablement s’épanouir?
Pendant longtemps, la santé mentale a surtout été pensée à travers la réduction de la souffrance, le fait de calmer l’anxiété, le fait de faire disparaître les symptômes, le fait de stabiliser les crises. Mais “ne plus aller mal” signifie-t-il forcément “aller bien”? Des recherches récentes montrent qu’après une dépression, un traumatisme ou même une tentative de suicide, certaines personnes ne se contentent pas de survivre psychiquement : elles reconstruisent progressivement une vie riche de sens, de relations, de stabilité émotionnelle et parfois même d’épanouissement. Cette perspective change profondément notre manière de penser le rétablissement psychique. Parce qu’un diagnostic ne résume jamais entièrement le devenir d’une personne. Dans cet article, je reviens sur ces recherches et sur une question essentielle en santé mentale, que signifie réellement “guérir” ?
La santé mentale n’est pas séparée du corps. Pourquoi continuons-nous à la traiter différemment?
Nous savons reconnaître une grippe, une fracture ou une infection.
Mais lorsque la souffrance devient psychique — troubles du sommeil, anxiété, épuisement émotionnel, hypervigilance — nous continuons souvent à avancer comme si de rien n’était.
Et pourtant, le corps et l’esprit ne fonctionnent pas séparément.
Le stress chronique modifie notre sommeil, notre immunité, notre capacité de décision, notre énergie et même notre santé physique.
Pourquoi continuons-nous encore à traiter la santé mentale différemment des autres formes de santé?